De samedi à dimanche, c'est une nuit pas banale que Charly Dorusse, un Toulousain de 31 ans et véliplanchiste semi- professionnel licencié à Gruissan (Aude), a vécue. Une nuit passée à ramer allongée sur une planche, après un incident technique subi au large de Port-Leucate samedi vers 17 h. Hier soir, totalement remis de ses émotions, il avait regagné son domicile de Toulouse, d'où il acceptait de répondre à nos questions. Avec le calme et la lucidité qui lui ont aussi permis de se sortir de ce mauvais pas. Et avant de partir prendre une douche réparatrice : « J'ai accumulé beaucoup de sel cette nuit, vous comprenez... »
On comprend.
Que s'est-il passé samedi après-midi ?
Un incident banal... J'étais avec un ami, on s'entraînait en vue de l'épreuve du Mondial du vent de la semaine prochaine, au large de Port-Leucate. Je me suis rendu compte que mon ami avait un problème pour rentrer, alors j'ai voulu le rejoindre pour le conseiller, lui indiquer comment revenir sur Gruissan. Et puis il a finalement pris la bonne direction.
Je ne me suis plus inquiété, je me suis dit, "allez, je rentre". Et là, ma poulie, une pièce qui tient la voile à la planche, a cassé. Et ma voile s'est pliée. J'ai compris qu'il allait falloir ramer pour rentrer.
Quelle heure était-il ?17 heures environ. Alors, j'ai replié la voile, j'ai quadrillé la zone avec le GPS que je portais au poignet, j'ai cherché le sens du courant porteur, les procédures de survie normales quoi. Après, c'est du bon sens...
... et quelques heures de nage !
En fait, quand le vent est tombé, en même temps que la nuit, j'ai lâché ma voile, qui me gênait. Une voile à 1 200 ¤ mais bon... J'ai poursuivi, j'ai vu sortir le bateau des pompiers qui partait vers Leucate mais j'ai continué, jusqu'à ce que j'arrive à rejoindre la plage de la Vieille-Nouvelle à Port-la-Nouvelle, là où on aperçoit les usines.
Et puis j'ai tout remonté à pied avant d'arriver enfin à ma voiture, que nous avions laissée à Gruissan. Je n'avais pas trop idée de l'heure, je pensais qu'il était 22 heures, 23 heures. J'ai vérifié et j'ai vu... 5 heures du matin ! Là, j'ai compris, je me suis dit : « D'accord, t'as nagé presque toute la nuit... »
Vous êtes ensuite allé vous signaler aux secouristes ?
Je crois que j'ai d'abord un peu dormi dans la voiture, je me suis réchauffé. Les pompiers, au début, ils ne m'ont pas cru, ils m'ont pris pour un mytho. Normal, je n'avais pas mes papiers, pas mon blouson. Et puis ils cherchaient un cadavre hein ? Dans ces circonstances-là, d'après ce qu'ils m'ont dit, ça finit souvent mal...
Vous avez fait preuve d'une grande résistance physique. Vous êtes très endurant, vous vous entraînez beaucoup ?
Oui, je suis dans l'antichambre des professionnels. J'avais une très bonne combinaison, mais j'ai surtout un excellent préparateur physique. C'est le préparateur du Stade toulousain, Zeda Trahoré, un type énorme, avec qui je travaille depuis plusieurs années. Sans lui, je n'aurais pas ce mental, ni cette force pour réussir un truc comme ça. C'est vrai que sur ce plan-là, je suis assez costaud.
A aucun moment vous n'avez paniqué ?
Non, j'ai pensé à ma compagne, à ma fille de 5 ans. Et là, tu n'as pas envie de clamser !
Aujourd'hui, quels conseils donneriez-vous à un véliplanchiste qui vivrait une mésaventure similaire à la vôtre ?
Il faut garder son sang-froid, faire travailler son cerveau et surtout, surtout, ne jamais lâcher sa planche, ja-mais !
Au fait, et votre ami, celui qui s'entraînait avec vous...
Alors lui, il a eu peur, il a passé une drôle de nuit. C'est même clairement lui qui a eu le plus peur. Il attendait le matin pour avertir ma compagne, il ne savait pas comment lui dire les choses. Il a pleuré, pleuré. En fait tout le monde m'a cru mort... sauf moi !
Recueilli par Vincent COSTE
SOURCES: w33 pour l'infos et MIDI LIBRE pour l'interview
celà prouve que c'est dangereux, sa se termine en général tres mal, il peut remercier sa condition physique et mentale d'athlete, et également la bascule d ela tramontane au marin durant la nuit. Une meme histoire c'est tres mal fini il y a peu, mais on ne reviendra pas deçu :-( ...